Le deuil est certainement l’un des sentiments les plus tristes et douloureux que nous pouvons éprouver au cours de notre vie. Mais c’est aussi une étape inéluctable à chacun, que nous traversons tous à notre manière. Victor Hugo disait : « On passe la moitié de la vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime ». Perdre quelqu’un, un ami, un proche est un évènement bouleversant.

vivre-le-deuil

Nous réalisons soudainement que nous ne serons plus capables de parler, d’échanger, de rire avec cette personne. Les souvenirs partagés nous laissent alors un goût amer en bouche, qui ne s’en va qu’avec du temps, avec même beaucoup de temps. De nouveaux sentiments émergent, mêlés d’injustice, de colère et de tristesse. Il est certain que personne ne peut se préparer à l’avance à l’annonce d’un décès.

Certains arriveront à relativiser et à grandir, à passer cette étape de la douleur, à l’embrasser totalement et à accepter pleinement la disparition du défunt, pour ensuite apprécier de plus belle leurs proches et leur famille. D’autres se laisseront gagner par la colère et la douleur, en compensant avec des médicaments ou une perte de contrôle de leur quotidien.

Il est important de souligner une vérité : nous ne réagissons pas tous de la même façon face à la mort. Il n’y a donc pas de bonnes ou de mauvaises façons de vivre et de traverser un décès. Certains trouveront du réconfort dans le fait de parler à quelqu’un, à des amis ou de la famille. D’autres auront besoin d’accomplir une dernière volonté, de réaliser un vieux souhait ou encore de venir chaque dimanche déposer des fleurs et de lire un passage d’un livre partagé.

Il existe évidemment beaucoup de documentations sur le deuil et le concept de la mort, la façon d’y réagir et de se reconstruire. Mais il est assez difficile de savoir quoi faire le moment venu et surtout comment réagir. De même qu’il est délicat de savoir comment réconforter quelqu’un qui vient de perdre un être cher. Dans cet article nous allons dans un premier temps aborder les différentes étapes du deuil, puis les différentes façons de soutenir un proche, en lui communiquant par exemple un message de compassion

Les 5 étapes du deuil ou les 7 étapes du deuil ?

Aussi froid et mécanique que cela puisse paraître, ces étapes sont des stades courants du deuil. Presque toutes les personnes se retrouvant face à un décès passent par ces étapes du deuil. Ce n’est évidemment pas une carte de conduite obligatoire, vous n’avez pas à culpabiliser de ne ressentir qu’une étape ou que quelques étapes pendant votre deuil. Encore une fois, nous réagissons tous différemment face à la mort.

Les « 5 étapes du deuil » est certainement le modèle plus connu. Il a été écrit par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross. Cependant à l’origine, ce modèle a été pensé pour décrire ce qui se passe chez la personne en fin de vie, et donc une personne qui fait face à sa propre mort. C’est pour cela qu’au cours de vos recherches sur Internet, vous trouverez aussi des mentions des « 7 étapes du deuil ». Ces étapes s’appliquent en général pour décrire l’évolution du comportement d’une personne qui fait face à la nouvelle de la mort d’un proche.

Première phase du deuil : le Choc et Le Déni

Première phase du deuil: le choc et le déni

Avec ce premier stade du deuil, la personne qui vient d’apprendre la nouvelle de la mort d’un proche, ressent un choc démesuré. Le décès d’un proche est une réalité extrêmement difficile à accepter pour l’Homme, surtout si le défunt en question faisait partie de ses repères, des fondements de sa vie. Une réalité qui se fissure en cascade et qui remet en doute la notion de ce qui semble être permanent. La notion de choc en elle-même est une défense de l’esprit, ne sachant réagir à une nouvelle aussi accablante, l’esprit se fige et ne sait comment gérer la situation.

Négation des faits, sensation de rêve éveillé, incapacité à accomplir des tâches simples du quotidien… La réalité s’effondre et laisse entrer le déni.

L’esprit qui ne savait pas comment réagir jusqu’ici, décide alors de se braquer, et de refuser de croire l’information. C’est la phase du déni. C’est aussi un mécanisme de défense de l’esprit, l’amenant à ne pas croire et à remettre en question la réalité. Cette phase peut parfois s’étirer et devenir alors synonyme d’un mal plus profond et plus important qu’il n’y parait.

Certaines personnes arrivent alors à s’enfermer malgré elles dans cette phase de déni, en continuant à faire comme si la personne était toujours vivante (préservation de la chambre, mettre son assiette à table… etc.).

Deuxième phase du deuil : Douleur et culpabilité

Deuxième phase du deuil : Douleur et culpabilité

Pendant cette phase, la personne qui vient de faire face à la perte d’un proche, commence à se rendre compte que la perte est bien réelle. C’est l’étape la plus douloureuse, et malheureusement aussi parfois l’étape la plus chaotique. En effet, la personne endeuillée va avoir tendance à compenser cette douleur avec des médicaments ou de l’alcool. Envahi par la culpabilité et le remord, elle va se sentir coupable et responsable de la mort du proche.

Troisième phase du deuil : La Colère

La colère est également un sentiment naturel et inhérente aux différentes étapes du deuil. La personne peut laisser la colère l’envahir et obscurcir son jugement, quitte à se retourner contre toutes les personnes autour d’elle. Elle peut facilement reprocher la mort du proche à son entourage, en particulier ceux qui connaissent le proche en question. La colère peut également être tournée vers soi-même, quitte à se faire du mal, comme pour se punir.

Troisième phase du deuil : La Colère

Quatrième phase du deuil : Marchandage

Après la colère, vient l’étape de la négociation et du marchandage. En effet, la personne endeuillée se sent frustrée, et cherche alors à blâmer les personnes responsables directement ou non, de la disparition du proche. Ces attaques ne sont pas justes, mais la personne en souffrance n’est alors pas en état de s’en rendre compte, sa vision de la réalité étant altérée. Cette phase de marchandage donne ainsi lieu à une sorte de négociation de la perte, et tous les moyens possibles pour inverser cette situation.

Cinquième phase du deuil : Dépression

Une fois l’étape de marchandage passée, la personne en deuil va connaître une nouvelle phase dite de Dépression. En effet, la personne va accepter la disparition du proche, mais n’est pas forcément en mesure et en condition d’y faire face. Désespoir et dépression, la personne va se comporter de façon passive, complètement abasourdie par la réalité. Cette nouvelle souffrance rend alors difficile le fait de vivre normalement le quotidien.

Sixième phase du deuil : Reconstruction

Sixième phase du deuil : Reconstruction

Cette avant dernière phase est l’une des plus importantes. Elle signe en effet l’étape de la reconstruction : la personne s’ouvre aux autres et décide d’accueillir de nouvelles activités. Elle se dirige ainsi vers la réconciliation avec la réalité, en cherchant des moyens et des solutions pour alléger et atténuer sa peine. Elle parle ainsi plus ouvertement de ses peurs et de sa douleur, et commence à partager ses émotions, afin de les rendre moins douloureuses.

Septième phase du deuil : Acceptation

Enfin, après la phase de reconstruction, la personne accepte la réalité. Elle commence à croire de nouveau en elle-même et en les autres. Après la douleur et la colère, vient enfin l’espoir et l’envie de se reprendre en main. Elle décide de reprendre le cours de sa vie et d’accepter les faits et la réalité.

Ces différentes étapes et phases du deuil représentent les réactions de la majorité des personnes qui connaissent la perte d’un proche. Certaines personnes peuvent très bien ne connaître qu’une seule étape, dans un cours laps de temps, ou au contraire, connaître un deuil en plusieurs étapes qui s’étend sur plusieurs années. L’environnement social, la présence des proches, ou encore la réalisation d’une activité au quotidien par exemple, permettront aux personnes endeuillées de ne pas traverser ces étapes, seules.

Un ami vient de perdre un proche

Connaître quelqu’un qui vient de perdre un proche est aussi une étape douloureuse à vivre. On ne se sent pas triste directement par la disparition du défunt, mais bien par la tristesse du proche, et de notre impuissance à ne pouvoir lui remonter le moral, à alléger sa peine. Il est cependant possible d’adresser son soutien, sa compassion, en transmettant une carte ou une lettre par exemple. Il n’est pas toujours facile de savoir choisir les mots et le message que nous aimerions faire passer. Voici quelques indications et conseils pour commencer et orienter vos messages de condoléances :

  • Une introduction simple est de rigueur, car en effet le destinataire sait pourquoi vous lui écrivez. (Exemple : c’est avec beaucoup de douleur que nous apprenons la disparition de… »)
  • Essayez d’éviter des mots frappants tels que « mort », « décès », et employez plutôt des mots comme « perte », « disparition ».
  • Selon les termes du décès du proche (une malade par exemple), il peut être approprié de le nommer : « Malgré cette maladie, il a su affronter les épreuves avec un véritable courage… »
  • Terminez votre carte avec une simple phrase, et n’hésitez surtout pas à proposer votre aide, que ce soit pour parler ou pour aider dans les démarches administratives.

Citations et inspirations

Citations et inspirations

Voici quelques citations célèbres pour vous inspirer, ou encore pour agrémenter vos cartes, les messages de condoléances ont malheureusement tendance à tous se ressembler :

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler. »

Albert Camus

« L’esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et l’amitié le console. »

William Shakespeare

« Ne mettez pas d’obstacle au mouvement de la douleur. Laissez-le mûrir. »

Krishnamurti

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. »

Khalil Gibran

« Ce qui compte, ce ne sont pas les années qu’il y a eu dans la vie. C’est la vie qu’il y a eu dans les années. »

Abraham Lincoln

Mon ami est religieux et vient de perdre un proche

Quand un proche vient de perdre quelqu’un, et que ce proche est religieux, nous nous demandons toujours si nous devons orienter et écrire notre carte de condoléances. Il n’est effectivement pas simple de savoir quels mots adresser à un proche chrétien, juif, musulman ou encore bouddhiste. Si vous ne partagez pas les mêmes convictions religieuses, il sera difficile pour vous de choisir les bons mots. Nous recommandons de rester simple dans vos propos, et de trouver une citation propre à la religion du proche concerné, ou simplement d’évoquer Dieu dans votre carte.

Si en revanche vous partagez les mêmes convictions religieuses, vous saurez alors plus facilement comment évoquer et montrer que vous partagez la peine et la douleur de votre proche endeuillé.