Que choisir pour des obsèques respectueuses de notre planète ?

Les pratiques funéraires traditionnelles sont avec le recul particulièrement polluantes : caveaux bétonnés, monuments funéraires en matériaux polluants, soins de préparation des corps à base de nombreux produits chimiques, pollution des sols avec des cercueils en matériaux peu appropriés, rejet de gaz à effets de serre et de substance chimiques pour la crémation…

Avec les enjeux climatiques actuels et une population de plus en plus engagée dans le développement durable, il est désormais temps de se tourner vers des funérailles plus respectueuses de notre environnement.

Cercueil en carton, urnes biodégradables, forêts cinéraires… bien qu’encore peu répandues, de nombreuses pratiques durables émergent en France pour vous offrir la possibilité de faire un départ respectueux de l’environnement. Ces dernières sont parfois peu connues du grand public ou font l’objet d’à priori. Grâce à guide complet des funérailles écologiques, découvrez une nouvelle façon plus engagée d’aborder l’organisation des obsèques.

Le cercueil en carton : 

Le cercueil en carton, de plus en plus répandu et démocratisé en France, fait cependant l’objet de beaucoup de critiques et d’idées reçues qui le dévalorise. Écologiques, financiers, pratiques… les avantages pour le choisir sont pourtant nombreux et très intéressants.



Depuis plusieurs décennies, il est monnaie courante de retrouver ces cercueils dans l’organisation des funérailles des pays d’Europe du Nord mais cela fait seulement quelques années que les français optent pour cette option lors d’une inhumation.

Anciennement, les normes juridiques françaises en vigueur imposaient d’utiliser des cercueils en bois ou des cercueils réalisés à partir d’une liste d’autres matériaux agréés. La levée des ces normes a fortement contribué à la popularisation du cercueil en carton et à encourager les professionnels du funéraire (anciennement réticents) à proposer cette alternative. Désormais, les cercueils en bois sont homologués et conformes à la loi et ont l’obligation juridique d’être acceptés dans tous les crématoriums. Les normes qu’ils doivent respecter permettent notamment de garantir leur résistance et leur étanchéité (un cercueil en carton peut accueillir un poids maximal compris entre 200 et 250 kg).


Ils sont fabriqués à base de cellulose, un composant utilisé pour la fabrication du papier qui représente la molécule organique la plus abondante sur terre. Elle se trouve très facilement sur la paroi cellulaire de nombreux végétaux ce qui lui donne un aspect écologique très intéressant. 

Un cercueil plus respectueux de notre planète 

Ils sont fabriqués à base de cellulose, un composant utilisé pour la fabrication du papier qui représente la molécule organique la plus abondante sur terre. Elle se trouve très facilement sur la paroi cellulaire de nombreux végétaux ce qui lui donne un aspect écologique très intéressant. Pour l’assemblage, c’est une colle naturelle à base d’amidon de pomme de terre et de maïs qui est utilisée, aucun solvant ou colle synthétique n’est utilisé. 


Globalement, la production d’un cercueil en carton est beaucoup moins énergivore que la production d’un cercueil en bois. 

 

Pour être fabriqué, un cercueil en bois (en plus d’être très gourmand en fuel et en eau) nécessite en moyenne un arbre abattu alors qu’il est possible de fabriquer 4 à 5 cercueils en carton avec la même quantité de bois. L’utilisation de cercueil en carton n’est pas à négliger pour lutter contre la déforestation quand on sait que 157 000 personnes décèdent chaque jour dans le monde. 

D’un point de vue de l’empreinte carbone générée, les avantages sont aussi très intéressants. Un cercueil écologique pèse en moyenne une dizaine de kilos (compter une cinquantaine de kilos pour un cercueil en bois) et est entièrement pliable. De ce fait, le transporteur pourra transiter des centaines de cercueils en carton dans un même véhicule alors qu’il pourra y placer seulement quelques unités pour des cercueils en chêne ou en acajou par exemple. A noter que de nombreux fabricants sont présents en France pour offrir des produits 100% made in france, fabriqués près de chez vous afin de limiter l’importation et les désavantages écologiques qui en découlent.

Il ne faut pas oublier l’un des atouts principaux du cercueil en carton, sa biodégradabilité. Lorsqu’il s’agit d’une inhumation, un cercueil en bois met une quinzaine d'années à se décomposer, et ce sans compter les poignées dorées généralement en bronze ainsi que les accessoires placés à l’intérieur du cercueil (effets personnels, coussins…). Pour un cercueil en carton, comptez une seule année avant la dégradation intégrale. 

Dans le cadre d’une crémation, il présente l’atout de ne dégager ni métaux lourds, ni fluor et et très peu d’oxyde d’azote lors de la combustion. 

De vraies économies tout en honorant la mémoire du défunt 

En plus de préserver notre environnement, le cercueil en carton permet de réaliser de véritables économies lors de l’organisation des obsèques. Pour un cercueil traditionnel en bois, il vous fera débourser en moyenne entre 600€ et 3 000€ en fonction du modèle choisi.
Pour un cercueil en carton, le prix est généralement compris entre 100€ et 900€. 

De mauvaises idées reçues laissent penser que le choix d’un cercueil en carton est une façon négligée de rendre hommage au défunt, détrompez-vous ! La plupart des fabricants de cercueil en carton proposent des modèles types avec des photographies de nature, mais il est également possible de personnaliser entièrement le cercueil en fonction des goûts ou de la personnalité de la personne chère disparue. De ce fait, il peut être personnalisé avec une photographie, un dessin ou encore une inscription particulière. Chaque cercueil peut être complètement unique et à l’image du défunt. 

Les urnes biodégradables : 

urne biodégradable

Les urnes funéraires biodégradables sont une façon originale et respectueuse de l’environnement de procéder à une inhumation après une crémation. Il s’agit d’une urne divisée en deux parties : une première où sont déposées les cendres du défunt et une deuxième composée de terre et d’un graine, le tout enfermé dans un contenant en carton. Ces urnes sont conçues pour être plantées dans la terre et donner naissance à l’arbre de votre choix, en fonction de la graine qui aura été choisie. Seulement quelques mois de décomposition sont nécessaires pour que l’arbre commence à apparaître et que les racines se mêlent aux cendres du défunt. 

Seul inconvénient, ces urnes biodégradables ne peuvent pas être enterrées n’importe où. Elles doivent être plantées dans une propriété privée ce qui nécessite une autorisation de la mairie de la commune où elle se trouve. 

Des urnes funéraires biodégradables plus “classiques” peuvent également être choisies. Celles-ci ne contiennent ni graines ni terre et sont généralement conçues en carton, en sel ou en sable. Elles sont destinées à une inhumation en pleine mer, en pleine nature ou dans une cavurne.

Là encore, l’avantage financier est présent en plus de l’avantage écologique. Il faut compter entre 50€ et 2 500€ pour l’achat d’une urne biodégradable.


Les cimetières écologiques : 

cimetière écologique

Le concept de cimetière écologique vient tout droit des USA et d’Angleterre. Il s’agit d’un cimetière respectueux de la nature où les monuments funéraires et les fleurs en plastique sont interdits. Les corps des défunts sont enterrés à même la terre dans des matériaux biodégradables comme le carton, le sable ou le sel. Les habits sélectionnés pour l’inhumation sont en matières naturelles (lin, coton…) et les soins de thanatopraxie sur le corps ne sont pas autorisés. 

Semblable à des parcs ou des jardins, les cimetières écologiques sont entretenus sans produits chimiques et sont conçus pour que la biodiversité s’y développe. C’est un endroit paisible et proche de la nature, plus propice au recueillement et au deuil pour les familles.

A l’image de chaque pratique funéraire écologique, ces cimetières sont économiques sur le plan financier. En effet, il ne nécessite pas l’achat d’un monument funéraire ou d’un cercueil en bois, ni le recours à des services de thanatopraxie.

Le premier cimetière écologique français s’est implanté en 2014, depuis certaines villes ont adopté le projet comme la ville de Paris en 2019.

Les forêts cinéraires : 

Les forêts cinéraires sont des lieux de recueillement qui ont vu le jour en Allemagne. De plus en plus répandue en Europe du Nord et plus particulièrement chez nos voisins les Allemands, cette pratique est en hausse de popularité en France et séduit les personnes désireuses de funérailles écologiques. 

forêt cinéraire


En quoi consistent-elles ? 

Les forêts cinéraires sont des forêts qui permettent aux familles en deuil d’enterrer l’urne funéraire sous un arbre, dans une forêt dédiée à cette pratique où chaque arbre est associé à un défunt. Il est également possible de choisir un arbre par famille de la même façon que l’on retrouve des caveaux familiaux dans les cimetières. Elles ont été pensées pour des obsèques durables grâce à l’inhumation d’urnes funéraires biodégradables.

Quels sont les avantages pour notre planète ? 

Grâce à l’utilisation d’urnes funéraires biodégradables, la pollution des sols est considérablement réduite en comparaison avec l’inhumation d’un cercueil en bois par exemple. La crémation a tout de même lieu, cependant les rejets liés à celle-ci sont moindre. De plus, la présence de défunts dans un forêt empêche d’un point de vue légal que celle-ci soit rasée pour la construction de bâtiments. C’est une façon symbolique de lutter contre la déforestation et la disparition des paysages verdoyants au détriment de paysages urbains et bétonnés.

Que dit la loi ? 

Pour rappel, la loi française permet d’enterrer/de disperser les cendres du défunt en pleine nature, dans un jardin du souvenir, dans une propriété privée, dans une case de columbarium, dans une cavurne, dans un caveau ou dans une sépulture.
Les forêts cinéraires répondent aux mêmes législations que les cimetières, de ce fait elles ne peuvent pas être privées. Cependant grâce à la mobilisation de certaines associations, les communes s’intéressent de plus en plus à ce type de projets. 


Globalement c’est une excellente pratique pour des obsèques respectueuses de la nature mais également pour offrir un lieu de recueillement paisible aux personnes qui ne sont pas à l’aise avec l’ambiance des cimetières. 

L’aquamation : 

L’aquamation est un procédé de décomposition par l’eau plutôt que par le feu. Le corps du défunt est immergé dans un cylindre métallique rempli d’eau. Une solution alcaline est ajoutée, puis le mélange est chauffé aux alentours de 150 degrés pour permettre la dissolution des tissus. Une fois le procédé terminé (entre 6 à 12 heures), les os du défunt sont recueillis puis broyés et remis à la famille dans une urne funéraire. Le principe est ensuite le même que pour une crémation. Les proches peuvent inhumer l’urne ou faire le choix de disperser les poussières en pleine nature. 

aquamation


Cette pratique a de nombreux avantages écologiques. L’utilisation de l’eau plutôt que du feu rend le processus beaucoup moins énergivore. La température est considérablement plus basse ce qui nécessite beaucoup moins d’énergie, environ 10 fois moins que pour une crémation. Les gaz à effets de serre et autres substances toxiques rejetées habituellement par une combustion par le feu sont fortement réduits voire inexistants. 

Le liquide recueilli après l’aquamation est très riche en matière organique, il peut être utilisé comme fertilisant ce qui est très intéressant d’un point de vue écologique. Enfin, les potentiels résidus métalliques présents dans le corps du défunt (prothèses, broches…) peuvent être récupérés et recyclés grâce à l’aquamation qui ne les dissout pas. 


D’un point de vue financier, l’aquamation est moins onéreuse que la crémation. C’est un avantage pour les familles mais cela peut-être à frein à son expansion dû au fait d’une potentielle perte de profit pour les professionnels. D’autant plus que cette pratique ne nécessite ni l’achat d’un cercueil, ni la nécessité de soins de thanatopraxie. 


Actuellement, l’aquamation est autorisée uniquement en Australie, au Canada ainsi que dans certains états des États-Unis. 


L’humusation : 

L’humusation est une méthode 100% naturelle qui consiste à transformer le corps du défunt en compost à l’aide de micro-organismes. 

Le corps est enveloppé dans un linge biodégradable et disposé sur des copeaux de bois humides. A la différence de l’inhumation, le corps n’est pas placé sous terre mais reste à la surface. Il est ensuite recouvert de copeaux de bois, de feuilles mortes ainsi que de résidus de gazon tondu. Le corps est en contact direct avec la terre pour que le procédé puisse avoir lieu et aucun soin de thanatopraxie n’est pratiqué en amont. 

humusation

La première étape de décomposition dure 3 mois. A la suite de laquelle un professionnel récupère les résidus métalliques (prothèses, broches), les os et les dents du défunt. Au bout de 9 mois, le corps est entièrement décomposé. Le terreau peut alors être utilisé pour planter un arbre à la mémoire du défunt. 


Une fois de plus, cette méthode permet de faire d’importantes économies puisqu’elle ne nécessite pas l’achat d’un cercueil, d’une urne ou encore le recours à des soins. 

Cette méthode n’est pas encore autorisée en France, pays où la présence d’un cercueil est obligatoire pour l’inhumation et la crémation. Cependant, l’humusation est autorisée dans certaines régions du monde comme c’est le cas de l'État de Washington. 


La promession : 

La promession, processus mis au point par une docteure suédoise, consiste à réduire le corps en fines particules grâce au froid. Le corps est conservé à -18 degrés pendant plusieurs jours puis plongé dans un bain d’azote à -196 degrés. Cette méthode appelée lyophilisation, transforme le corps du défunt en masse friable. Il est ensuite réduit en fines particules grâce à un système de vibration. 

promession


Afin de conserver uniquement les méthodes organiques, un aimant extrait les particules métalliques (dûes aux appareillages dentaires, aux prothèses ou encore aux broches). Elles sont ensuite recyclées. Cette pratique permet de limiter la pollution des sols dans le cadre d’une inhumation et d’éviter le rejet de substances toxiques dans l’atmosphère dans le cadre d’une crémation.

Cette poudre est ensuite remise à la famille dans une urne funéraire biodégradable pour qu’elle soit inhumée dans un total respect de la nature. 


La promession ne nécessite ni cercueil, ni soins de thanatopraxie ce qui constitue de réels avantages économiques et écologiques. 

Actuellement interdite en France, elle est autorisée en Suède, en Angleterre, en Afrique du Sud et en Corée du Sud et coûte aux alentours de 1 000€. 

les pratiques pour des funérailles écologiques